Si comprendre c’est savoir . OUI c’est dans un contexte politique orageux, voir dans un ciel précédent les éclairs, aux circonstances plus que  particulières, que les services de Monsieur Takieddine sont sollicités. Pour mieux décrire la situation on citerait volontiers la réputée et très élégante Madame Catherine Nay évoquant dans Le Dauphin et le Régent, au sujet de Jacques Chirac et Edouard Balladur :  » Edouard et Jacques… Dans ce couple il n’y a pas eu de première fois, pour une raison simple : l’alchimie mystérieuse où cristallise une connivence ne s’est pas entre eux, insinuée.

Aucune sympathie ne les a poussés l’un vers l’autre.

Aucune prévention ne les as non plus retenus. Ni attrait ni rejet, presque l’indifférence.

le calme plat en somme. Quand trente ans plus tard, on demande à Jacques Chirac et Edouard Balladur de ramener leurs souvenirs presque communs au cabinet de Georges Pompidou, alors Premier ministre, on obtient des réponses d’une déconcertante brièveté.

 » Edouard Balladur était un très bon conseiller social  » note, laconique, le premier.

 » Jacques Chirac était déjà Jacques Chirac  » répond, guère plus disert le second.

Voila hélas le nouveau, talon d’Achille de la France, où les hommes d’un même camp ont pris cette fâcheuse tendance de se « croches-pater » cordialement…

Monsieur Jean Guisnel Journaliste politique au Point, auteur de nombreux ouvrages ; notamment dans son livre Armes de corruption massive, confirme et affirme que :

 » La vengeance peut aussi se servir chaude : dès son entrée à l’Elysée, le nouveau président n’aura de cesse de tarir cette ressource financière de celui qu’il présentait, avant qu’il ne s’engage contre lui à la présidentielle, comme son  » ami de trente ans « .

Il prend des mesures radicales, la première consiste à remplacer le président de la Sofresa, Jacques Douffiagues, par Michel Mazens.

Suivant les conseils de la DGA le président a choisi cet ancien saint-cyrien devenu en juin 1993 chargé de mission pour les affaires internationales auprès du délégué général pour l’armement, Henri Conze, après avoir été le directeur des affaires internationales de la société Intertechnique.

Deuxième initiative : Jacques Chirac en personne demande à Mazens d’approcher Ziad Takieddine, afin d’exiger qu’il détruise son contrat d’intéressement au marché des frégates saoudiennes Sawari 2. ( c’est pourtant grâce au majestueux Takieddine que le contact est rétabli avec l’Arabie Saoudite, en clair sans sa diplomatique et respectueuse intervention, niet : zéro contrat… ) Empathie oblige, on le comprendra : D’abord, Takieddine s’y refuse. Il faudra toute la force de conviction de Michel Mazens, accompagné par Frédéric Bauer, pour obtenir en 1995 ou 1996, la destruction de ce document. Et donc l’abandon de la commission destinée à Ali Ben Moussalam, soupçonné par l’Elysée d’avoir conclu un pacte de rétrocession d’une part de ses bénéfices avec les amis d’Edouard Balladur.  »

C’est dans cet état d’esprit limite paranoïaque où se mêlent angoisses et soupçons, que le jeune président Chirac, se trouve lorsque tous les contrats industriellos-militaires seront mystérieusement soit renommés, soit re… re… enfin inutile de vous faire un dessin…

Comme le dit avec un certain humour, notre bon Tonton Chirac :  » ça fait  »  Pschiiiiiiiiiiiittt « …

Le tout accompagné de son désormais célèbre, geste théâtral…

Une sorte de double-effet joker, d’ ou apparaît toujours sa fameuse carte hilarante, de sous la manche, du on cite :

 » Plus c’est gros mieux ça passe  » !

Certes on l’aime bien notre Chirac national, stratège des stratèges politiques, du plus haut niveau…

Après tout qui peut se vanter d’avoir très largement participé à mettre Monsieur Mitterand, Giscard, soi-même deux fois et Hollande le Corrézien, sur le trône ?

Qui de surcroît a lustré les chaises, de l’école politique, du jeune Sarkozy ?

hein, hein, dit ?

Jean Guisnel ira droit au but lorsqu’il écrit :  » Dans sa déposition du 14 mai 2009 devant Marc Trévidic, Gérard-Philippe Menayas précise :  » Il est parfaitement exact que Ziad Takieddine a été imposé à la DCNI par le pouvoir politique ainsi qu’Abdul Rahman El-Assir.

Quand je parle de pouvoir politique, c’est le ministre de la Défense ou son cabinet. Je sais qu’El-Assir et Ziad voulaient intervenir dans les contrats saoudiens, mais en 1996 ils ont étés écartés par le nouveau gouvernement, étant donné leur proximité avec l’ancien.

S’il s’agit de coïncidences, elles sont en effet troublantes.  »

Allez bonjour chez vous et pour une fois ne tombez pas dans le panneau.

Quand on a compris le fond du dossier nous aussi on a  » dégringolé de l’armoire »…

 

 

Votre obligé, W Métalnikoff